Regard de Geographe
Le Liban est une fois de plus en première page des actualités. La dernière fois, c'était l'été 2006 lors des opérations israeliennes contre le Hezbollah. On
retrouve aujourd'hui le Hezbollah mais cette fois-ci dans le rôle d'agresseur. Sunnites, Chiites, Chrétiens se superposent à l'emmiettement ethnique et aux influences extérieures. Et à chaque
fois se repose la question : Le Liban est-il un pays dans le sens où nous l'entendons , c'est à dire un territoire homogène régit par un pouvoir structuré ?
Plus qu'un territoire, c'est une frontière : entre les puissances régionales, entre deux continents, entre les trois religions du livre. Et c'est aux frontières que l'on se fait la guerre.
Comment connaître la paix dans un tel contexte ?
Il y a déjà presque un an : la difficile émergence d'une classe politique au Liban indépendante de la Syrie voisine. Reportage
France24.
Il y a pourtant un précédent : Djibouti dans la corne de l'Afrique, ancienne colonie française coincée entre 3 pays instables régulièrement en proie aux
conflits, est également petit, stratégique, divisé en deux groupes ethniques, à la frontière de plusieurs mondes. Et Djibouti est étonamment stable depuis son indépendance.
Quelles différences alors avec le Liban ? Dans le cas de Djibouti, la présence militaire française et depuis peu américaine, assure l'ancrage de Djibouti dans la zone d'influence occidentale.
Est-ce à dire que l'indépendance du Liban en fait justement le théâtre de conflits ?
Aprés tout, c'est lorsque cette zone était occuppée (Empire Ottoman, France) qu'elle était relativement calme. A partir du moment ou elle redeviend libre, elle est l'objet de convoitises qui
sapent les fondations d'un Etat souverain et en conséquence, menace l'identité même du pays. D'autant qu'autre différence entre Djibouti et le Liban : le Liban est riche, bien plus, rapporté
à sa population, que ses voisins arabes. Ce qui attire les convoitises, Syrie en tête. Ne peut-on être libre et en paix au moyen-orient ?