geographie internet

Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 06:07
L'un des projets de CAIDA (The Cooperative Association for Internet Data Analysis) consiste à dresser une topologie macroscopique dynamique du réseau internet. Lancé en 1998, le projet produit notamment des résultats cartographiques du trafic internet en tenant compte de la localisation géographique des serveurs. 

Synthétiquement, le principe consiste à suivre et tracer les échanges d'informations (requêtes) qui voyagent sur le toile internet pour déterminer d'une part, l'intensité du trafic et d'autre part, les routes les plus empruntées et les serveurs les plus sollicités.

On peut transposer cette opération en langage courant par une question du type "quand je me connecte sur google (par exemple) et que je lance une recherche, quel est l'ordinateur qui me répond ? Où est-il installé ? par quel(s) opérateur(s) / fournisseur(s) d'accès / hébergeur(s) etc... je passe pour envoyer ma question à l'ordinateur concerné et obtenir ensuite ma réponse ?".

Voici un représentation cartographique dressée en 2000 de l'intensité du trafic internet et de la localisation géographique des serveurs en fonction de leur position sur le globe :








On observe trois branches principales :

> en haut à gauche se trouvent Sydney, Tokyo, Séoul, TaÏpei, Pékin, Bangkok ....
> Vers la droite : Moscou, Tel Aviv, Ankara, Pretoria, Bucarest, Vienne, Rome, Berne, Bruxelles, Paris ...
> En bas : Boston, Ottawa, Washington, Toronto, Toronto, Chicago, Houston, San Diego, Vancouver...

Vers le centre du cercle, les serveurs sont de plus en plus sollicités. Globalement, en 2000 le barycentre est nettement situé vers le continent Nord Américain : C'est aux états Unis et par les Etats-Unis que converge l'essentiel du trafic internet.



Voici une autre représentation cartographique basée sur les mêmes principes qui date de 2008 :







Ce qui frappe en premier lieu est, bien sûr, l’explosion du trafic. On trouve aussi de nouveaux venus comme l’Inde (tout en haut), mais aussi l’Amérique du Sud (en bas à droite). On observe aussi que les Etats-Unis ne sont plus le lieu de passage principal et obligé du trafic Internet, mais que l’Europe s’est très bien positionnée dans cette architecture, elle est devenue un acteur essentiel dans la gestion du flux.




Le très fort développement d’Internet en Inde et en Russie par exemple s’est accompagné d’une intensification très marquée du trafic transitant par leurs serveurs puisqu’ils en gèrent presque autant que ceux situés en Europe alors que le nombre d’Internautes résidents est encore nettement inférieur à celui Européen.


Cela s’explique par la stratégie et la nature de ce flux internet : il existe dans ces pays une logique d’hébergement et de mise à disposition d’information, de contenu et de fichiers qui n’est pas contrainte juridiquement de la même façon qu’en Europe ou aux Etats-Unis. De fait, de nombreux internautes se dirigent vers ces serveurs pour leurs recherches personnelles. La géopolitique influence aussi bien sûr la topologie physique mondiale d’Internet.


A noter enfin, l’absence presque totale du continent Africain sur cette représentation cartographique des acteurs majeurs du réseau mondial. De réels efforts ont été engagés, heureusement les choses évoluent (A lire l’article sur l’interview de Cheikh Modibo Diarra) et les internautes africains se multiplient.

 

Pour se rendre sur le site du CAIDA

Par Stéphane MAHAUD - Publié dans : geographie internet - Communauté : Economie et société
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 22:09

La méthode VAN avait pour but de faire le lien entre les courants magnétiques qui parcourent la croûte terrestre et les séismes. Le Centre Sismologique Euro-Méditerranéen a récemment trouvé une variante de cette méthode en mesurant les flux Internet qui parviennent sur son site lors des séismes.

 


Carte des séismes le 07 juillet 2009 (source : CSEM)


En effet, le CSEM est devenu une référence pour le suivi des séismes, aussi dès qu’un tremblement de terre survient, les internautes qui en ressentent les effets se précipitent sur Internet pour connaître la localisation de l’épicentre.


Le Centre a développé un protocole très intéressant qui permet de localiser l’épicentre des séismes en quelques minutes à partir des connections internet. Etonnant et passionnant.

 

Liens :

CSEM

Documentation CSEM

Newsletter CSEM

Article Futura-Sciences

Par geograv - Publié dans : geographie internet - Communauté : Histoire Géographie
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 17:50

En une décennie, Google a su s’imposer comme le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde. Son succès repose sur deux éléments principaux (au moins). D’une part, son principe de fonctionnement qui s’appuie sur un savant mélange d’évaluation de la pertinence et de la notoriété. D’autre part, le parti pris d’une présentation fonctionnelle et minimaliste que n’aurait pas renié le Bauhaus.

 

De fait, son développement fulgurant a exacerbé les objectifs qui consistent à figurer en bonne place sur ses listes de résultat. En clair, si l’on ambitionne de faire d’Internet le vecteur de sa réussite, il FAUT être référencé sur Google et, bien plus important, être bien positionné. Ainsi, percer les secrets de l’indexation du célèbre moteur est devenu la nouvelle quête du Graal ou celle de l’Atlantide.  

 

Stigmatisant ces velléités, Enquiro et Did-it.com ont fait paraître en 2005 une étude de la trajectoire du regard sur une page de résultats. Plus les couleurs tendent vers le rouge, plus la fréquence et la durée de lecture augmentent.


Cette étude n’est bien sûr ni la seule ni la dernière (je reviendrai plus sérieusement sur les suivantes et les tendances à venir dans un prochain article), mais elle est très intéressante car elle a confirmé ce que de nombreux spécialistes du référencement pensaient, et assis la théorie du « triangle d’or ».

 

Cette représentation de l’intérêt du lecteur pour certaines zones de la page met en évidence un gradient partant du coin inférieur droit de la page à la partie supérieure gauche qui focalise l’essentiel de l’attention. La forme triangulaire s’explique par deux raisons principales :

> La structure des réponses produites sous forme de liste,

> Le sens de lecture occidental (de gauche à droite).

 

Si  l’internaute prend le temps de lire presque toute la première ligne, son intérêt s’érode rapidement au fur et à mesure des items suivants. Ce qui génère la forme triangulaire de la zone principale de lecture. Elle-même comprend deux gradients internes d’intensités différentes : les débuts de phrases sont plus fréquemment lus que les terminaisons, le gradient horizontal est moins prononcé que le vertical.

 

Voilà très succinctement brossée l’interprétation de cette représentation graphique. Comme il s’agit bien d’une forme de cartographie, cela a fait remonter en moi le souvenir que le vocabulaire employé par les spécialistes du référencement permettait aussi de faire de multiples parallèles géographiques.

 

Le « triangle d’or » était le nom que portait la zone à la frontière entre le Laos, la Birmanie (Myanmar) et la Thaïlande, car on y produisait tout l'opium consommé dans le monde, payé en or. Que penser alors de l’utilisation de ce terme pour la zone de la page de résultat Google vers laquelle tous les intérêts convergent (et que Google vend aussi pour les liens commerciaux principaux…) ?

 

Pour la partie inférieure de la page qui s’affiche à l’écran et qui est directement visible sans manipuler les ascenseurs, on parle de ligne de flottaison. De fait, pour atteindre la terre promise, l’archipel constitué du triangle d’or et de l’ilôt de moyen intérêt à l’Est, il faut absolument rester au dessus de la ligne de flottaison. Sinon on patauge dans le marasme des zones qui n’attirent l’attention de (quasiment) personne, les limbes googleiennes, lieux d’une interminable odyssée des Ulysse du réseau.

 

Mais on fait aussi des réflexions d’ordre climatique lorsque l’on fait du référencement. En effet, le « triangle d’or » est aussi appelé « zone chaude », faut-il y lire un héliotropisme forcené avec tous les mythes qui s’y raccordent ? Est-ce vraiment le meilleur endroit pour se faire sa place au soleil ? D’ailleurs la représentation elle-même est basée sur des couleurs lavabos (les cartographes statisticiens auraient probablement quelques remarques à glisser quant au choix fait pour représenter les résultats…).

 

Ces remarques n’apportent rien de concret et laissent le schmilblick de marbre, mais je trouve les parallèles rigolos et même philosophiques pour un vendredi soir.

 

Par geograv - Publié dans : geographie internet
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