Partager l'article ! Google : référencement, positionnement… cartographie.: En une décennie, Google a su s’imposer comme le moteur de recherche le plus utilis ...
En une décennie, Google a su s’imposer comme le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde. Son succès repose sur deux éléments principaux (au moins). D’une part, son principe de fonctionnement qui s’appuie sur un savant mélange d’évaluation de la pertinence et de la notoriété. D’autre part, le parti pris d’une présentation fonctionnelle et minimaliste que n’aurait pas renié le Bauhaus.
De fait, son développement fulgurant a exacerbé les objectifs qui consistent à figurer en bonne place sur ses listes de résultat. En clair, si l’on ambitionne de faire d’Internet le vecteur de sa réussite, il FAUT être référencé sur Google et, bien plus important, être bien positionné. Ainsi, percer les secrets de l’indexation du célèbre moteur est devenu la nouvelle quête du Graal ou celle de l’Atlantide.
Stigmatisant ces velléités, Enquiro et
Did-it.com ont fait paraître en 2005 une étude de la trajectoire du regard sur une page de résultats. Plus les couleurs tendent vers le rouge, plus la fréquence et la durée de lecture
augmentent.
Cette étude n’est bien sûr ni la seule ni la dernière (je reviendrai plus sérieusement sur les suivantes et les tendances à venir dans un prochain article), mais elle est très intéressante car elle a confirmé ce que de nombreux spécialistes du référencement pensaient, et assis la théorie du « triangle d’or ».
Cette représentation de l’intérêt du lecteur pour certaines zones de la page met en évidence un gradient partant du coin inférieur droit de la page à la partie supérieure gauche qui focalise l’essentiel de l’attention. La forme triangulaire s’explique par deux raisons principales :
> La structure des réponses produites sous forme de liste,
> Le sens de lecture occidental (de gauche à droite).
Si l’internaute prend le temps de lire presque toute la première ligne, son intérêt s’érode rapidement au fur et à mesure des items suivants. Ce qui génère la forme triangulaire de la zone principale de lecture. Elle-même comprend deux gradients internes d’intensités différentes : les débuts de phrases sont plus fréquemment lus que les terminaisons, le gradient horizontal est moins prononcé que le vertical.
Voilà très succinctement brossée l’interprétation de cette représentation graphique. Comme il s’agit bien d’une forme de cartographie, cela a fait remonter en moi le souvenir que le vocabulaire employé par les spécialistes du référencement permettait aussi de faire de multiples parallèles géographiques.
Le « triangle d’or » était le nom que portait la zone à la frontière entre le Laos, la Birmanie (Myanmar) et la Thaïlande, car on y produisait tout l'opium consommé dans le monde, payé en or. Que penser alors de l’utilisation de ce terme pour la zone de la page de résultat Google vers laquelle tous les intérêts convergent (et que Google vend aussi pour les liens commerciaux principaux…) ?
Pour la partie inférieure de la page qui s’affiche à l’écran et qui est directement visible sans manipuler les ascenseurs, on parle de ligne de flottaison. De fait, pour atteindre la terre promise, l’archipel constitué du triangle d’or et de l’ilôt de moyen intérêt à l’Est, il faut absolument rester au dessus de la ligne de flottaison. Sinon on patauge dans le marasme des zones qui n’attirent l’attention de (quasiment) personne, les limbes googleiennes, lieux d’une interminable odyssée des Ulysse du réseau.
Mais on fait aussi des réflexions d’ordre climatique lorsque l’on fait du référencement. En effet, le « triangle d’or » est aussi appelé « zone chaude », faut-il y lire un héliotropisme forcené avec tous les mythes qui s’y raccordent ? Est-ce vraiment le meilleur endroit pour se faire sa place au soleil ? D’ailleurs la représentation elle-même est basée sur des couleurs lavabos (les cartographes statisticiens auraient probablement quelques remarques à glisser quant au choix fait pour représenter les résultats…).
Ces remarques n’apportent rien de concret et laissent le schmilblick de marbre, mais je trouve les parallèles rigolos et même philosophiques pour un vendredi soir.
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