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Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /Juil /2009 00:08

Au sud de Saint Martin de Crau, à l’ouest de Lamanon, non loin des rives de la méditerranée, le soleil rayonne une fois encore sur la steppe aride de la Crau. Cette vaste plaine désertique offre au regard des perspectives où l’appréciation des distances est aussi incertaine que la surface est plane. Le sol est jonché d’innombrables galets desquels émerge une végétation miraculeuse et ascétique. Au loin, mais est-ce si loin ? une bergerie se découpe à l’horizon et un troupeau de moutons paisse le thym odorant avec application sous les regards croisés du berger et de son chien.



La Crau, un berger et son troupeau (photo Regard de Géographe ©)




Carte de la Crau (source Wikimedia Commons)


LA CRAU ET L’ELEVAGE OVIN

 

Sur cette terre dont la morphologie est héritée des temps anciens, on retrouve des traces de pastoralisme massif dès le 1er siècle de notre ère (certains auteurs remontent même à 3000 ans avant JC). En effet, une centaine de bergeries ont déjà été répertoriées sur une superficie de 10000 Ha. Elles témoignent de la vivacité de la pratique de l’élevage durant l’antiquité.

 

Les bâtiments sont construits selon un plan allongé et dotés d’une pointe orientée en direction du NW, c’est-à-dire dans le lit du mistral. On retrouve en Camargue cette stratégie qui consiste à positionner le bâti de façon à offrir le moins de résistance au vent dominant.

 

Regroupées par deux ou trois autour des puits, les bergeries pouvaient accueillir jusqu’à 900 moutons, d’ailleurs, certaines d’entre elles comportent des enclos et des fours. Autre preuve de l’intensité de la pratique de l’élevage, les diverses estimations que l’on peut trouver en parcourant les auteurs s’accordent sur le nombre de 100000 moutons qui ont pu paître dans cette steppe.


Plan du secteur du « Petit Abondoux » : bergeries, annexe, puits et four (d’après Badan, Brun et CONGES, 1995, Fig 20, cité in M. LEGUILLOUX)



Plan type d’une bergerie : Négreiron-Négrès 6 (d’après Badan, Brun et Congès, 1995, fig 6, cité in M. LEGUILLOUX)


Les auteurs antiques comme Varron, Strabon ou Pline l’ancien évoquent à la fois des troupeaux domestiques de petite taille qui sont sédentaires mais aussi « d’immenses troupeaux » pratiquant la transhumance, évalués à plusieurs dizaines de milliers de bêtes.

 

Le tandem matières premières / transformation fonctionne parfaitement dans la région. En effet, on trouve à l’époque de nombreux ateliers situés à Arles et dans ses environs. Ils étaient destinés au façonnage de divers types de draps. Cette activité avait de telles retombées économiques que les éleveurs préféraient se tourner vers la production de laine où la gestion des troupeaux est pourtant bien plus lourde que celle dont la vocation est l’abattage.

 

Sur les coussouls (terres incultes), il reste encore quelques traces de ces bergeries anciennes comme gravées dans le sol.




Vestige d’un mur de bergerie romaine (photo Regard de Géographe ©)


Cette activité durera plusieurs siècles puis, peu à peu, son ampleur ira décroissant avec le développement d’autres axes économiques. Cette persistance s’explique par une typologie marquée de l’espace.

 

 

HYDROMORPHOLOGIE

 

En effet, la vaste plaine de la Crau est comprise entre les Alpines au nord et les collines qui bordent l’étang de Berre à l’Est. Elle s’abaisse progressivement du NE au SW, de Lamanon au bord de la camargue.


Carte extraite de H. BAULIG (2), page 501


La formation de cette steppe aride est datée du quaternaire (Villafranchien ou Riss selon les auteurs (de -2 Ma à -100000 ans). La surface est jonchée de galets roulés dont la taille décroit progressivement du NW au SE. Portés et emportés par la Durance, ils témoignent de la lithologie de son bassin versant : ophiolites, grès rouges, calcaires, quartztites, … importations en provenance des Alpes vers le pays méditerranéen.


 


Source : http://freesvt.free.fr


Source : http://www.geol-alp.com


Les espèces steppiques des coussouls sont habituellement dominées par Brachypodium retusum (Brachypode rameux), Aita cupaniana (Canche de Cupani), Stepa capillata (stipe voile de mariée), Thymus Vulgaris (thym commun) , …et s’accommodent sans problèmes de la présence des galets. D’ailleurs certaines d’entre elles en profitent pour plonger les racines sous leur ombre humide et fraîche.





(photos © Regard de Géographe)


La Crau est donc née des divagations de la Durance dont le débit, le cours et la composition chimique ont varié au cours des ères géologiques au gré des glaciations du Riss et le de leurs variations.

 

La paléo vallée de la Crau a été oblitérée par le remblaiement quaternaire. On distingue en fait deux régions :

Ø      Le NW, composé essentiellement d’alluvions rhodaniennes. Il serait la pointe orientale d’un delta du Rhône au Villafranchien (fin tertiaire, début quaternaire, environ 2 Millions d’années).

Ø      A l’est d’Eyguières, en revanche,  la plaine de la Crau est située dans un ancien lit de la Durance, un cône alluvial construit à l’époque où elle passait par le « pertuis » de Lamanon et se jetait directement dans la mer ou rejoignait le Rhône au sud du rivage actuel. Rivière alluvionnante, elle a divagué sur son cône jusqu’à façonner celui que l’on peut observer actuellement et prendre le cours que nous lui connaissons.

 

Cet espace est intimement lié à l’eau, pourtant la végétation qui l’a colonisée témoigne d’une aridité et non pas d’une abondance hydrique. C’est que cette végétation calcicole pousse sur un sol qui repose sur un substratum particulier.




Photo © Regard de Géographe


En effet, sous la surface, se trouve un béton extrêmement dur et généralement imperméable : un poudingue constitué de galets concrétionnés par un ciment calcaire. Cette croûte dont la profondeur varie de 30 cm à 3 mètres se trouve non seulement sous la Crau mais aussi au-delà puisqu’elle plonge sous la Camargue.



Poudingue de Crau (source via-aurelia.net)



Une coupe schématique du sous-sol de la Crau montre donc une superposition de trois grandes couches :

Ø      la surface, constituée d’un amoncellement de galets roulés et de terre calcaire

Ø      la croûte de poudingue imperméable

Ø      une épaisseur variable de galets libres alternant avec des bancs de sables

 

UNE STEPPE ARIDE AU DESSUS DE NAPPES PHREATIQUES ABONDANTES

 

Le paradoxe est que, si la Crau est aride en surface, ce n’est pas le cas dans son sous-sol. En effet, la présence d’eau sous la croute de poudingue est connue depuis longtemps et a fait l’objet de recherches plus poussées à partir des années 30.



Photo © Regard de Géographe


Répelin a montré qu’il existe essentiellement deux talwegs souterrains et Porchet en a dressé une carte schématique :



Réseau hydrographique souterrain de la Crau (source : P. Georges)


Lorsque l’eau affleure, la salinité augmente, inversement lorsqu’on la retrouve à 10 ou 20 mètres de profondeur, elle redevient pure et courante. Pierre Georges en 1931 parle même de véritables canaux souterrains, d’ailleurs les hydrologues ont hésité entre les expressions « nappe » et « fleuve ».

 

Beccat évoque quant à lui « une foule de chenaux anastomosés », il emploie le terme « fleuve » pour décrire ce réseau car le courant est « fort dans certaines branches (souvent, il est assez puissant pour entrainer des cailloux et les sables et creuser une cavité qui s’allonge peu à peu en galerie dans la direction bien marquée  d’où vient le courant) ». Enfin, P. Georges qualifie la Crau de delta souterrain.

 

Cette eau vient de la Durance et ne subit que peu les influences locales comme la pluie par exemple. La composition chimique présente les mêmes caractéristiques que celles des eaux duranciennes.

 

La présence des ces eaux souterraines abondantes mais aussi celle d’un grand fleuve comme le Rhône à proximité d’une vaste plaine aride fait forcément travailler l’imagination humaine et éveille les convoitises.

 

A travers les millénaires, la Crau va donc subir plusieurs types de colonisations, aménagements ou mises en valeur selon les époques et les évolutions scientifiques, techniques, politiques, économiques et mêmes idéologiques de la société.

 

Certaines seront couronnées de succès et marqueront durablement la Crau, d’autres se révèleront des échecs parfois retentissants. Le premier et principal thème de ces tentatives concerne bien sûr l’agriculture.


LA CRAU ET L’AGRICULTURE

 

Ernest Bénévent écrit en 1930 « Jusqu’au XVI ième siècle la grande plaine caillouteuse de la Crau  n’était qu’une maigre steppe où le mouton broutait entre les pierres, en hiver et au printemps, une herbe courte mais savoureuse, en attendant que la sécheresse de l’été l’obligeât à s’acheminer à petite étapes sur les routes de la transhumance des alpes. […] La Crau abandonnée est devenue au cours des millénaires  cette steppe désolée et silencieuse que l’homme s’efforce d’arracher à son destin. »

 

L'idée selon laquelle l'homme peut (et doit) faire évoluer l'environnement à son profit n’est pas nouvelle car dès 1881 la « compagnie agricole du desséchement des marais de Fos et du colmatage de la Crau » a planté des praires. On peut aussi parler de la construction du canal de Craponne au XVI ième siècle et celle du canal des alpines au XVIII ième siècle ont permis le développement de l’olivier et de la vigne.

Après défoncement du poudingue, des haies de cyprès et de thuyas ont été plantées entre lesquelles poussent des arbres fruitiers.





Réseau hydrographique et canaux aux environs d’Arles (source CEMAGREF)




Photo n°3 : Plaine de la Crau et haies brise vent (photo Regard de Géographe ©)

 

Afin de continuer cette colonisation agricole sur la partie de la Crau restante dite Crau sèche, il faut irriguer. Chez les spécialistes deux théories s’affrontent pour déterminer si l’irrigation de la Crau doit se faire en pompant dans les riches nappes souterraines (débit total évalué de 5 à 9 m cubes/s selon certains auteurs) ou bien utiliser une partie des eaux du Rhône en les détournant.

 

Mais il ne suffit pas d’arroser la Crau pour la rendre cultivable, il faut aussi l’épierrer. Pour cette opération, les évaluations vont de 150 à 300 m cubes/ha de galets à retirer. De plus, on pense qu’il faut ajouter de nombreux engrais (phosphate, nitrate et potasse) pour donner une vraie fertilité au sol.

 

Avec le début de la seconde guerre mondiale, cette colonisation agricole va même devenir un enjeu national, un symbole fort de la politique du gouvernement de Vichy ainsi que le lieu d’une bataille homérique entre le Génie Rural et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR).

 

Ainsi, dans une lettre au Ministre de l’Agriculture de Vichy (28 avril 1944), J. Aubert explique que la CNR organise depuis 1940 le développement agricole de la Crau afin « d’installer en Crau des populations déracinées par les circonstances ». Cette démarche est d’autant plus importante pour Vichy qu’elle représente la concrétisation de son idéologie qui vante les vertus paysannes : « la terre, elle, ne ment pas ».


Certes, la loi-programme de 1921 qui définit les missions de la CNR met au même plan la navigation, l’hydroélectricité et l’agriculture mais la compagnie n’a jamais réalisé véritablement de projet agricole jusqu’alors. C’est pourquoi cette mission qui lui a été confiée la met dans l’embarras, d’autant plus qu’elle doit affronter le Génie Rural, très mécontent d’avoir été dépossédé de l’opération.

 

Non seulement cette tentative se soldera par un échec mais les tensions entre la CNR et le Génie Rural ne s’apaiseront pas avant 1962. D’ailleurs, de la seconde guerre mondiale, la Crau gardera d’autres stigmates. L’armée allemande craignait que les alliés profitent de sa planéité pour la transformer en aire d’atterrissage. Ils ont donc fait construire des empilements de galets à intervalles réguliers par les prisonniers afin de créer des obstacles.




(photo Regard de Géographe ©)

 

Sur la photo aérienne ci-dessous, on distingue très bien l’impact des bombardements mais aussi les tas de galets qui apparaissent comme des tâches claires.



Source : googlemap.

 

   

LES AFFLUX DE POPULATION

 

La Crau va devenir le théâtre d’afflux de population qui ambitionnent d’en faire le support de leur activité agricole. On peut évoquer l’arrivée des melonniers qui ont quitté cavaillon en 1965 lorsqu’un champignon dévastait leurs récoltes. Ils épierrent, défoncent le poudingue et installent des serres dont on distingue encore les traces aujourd’hui.




Traces des serres installées par les melonniers venus de Cavaillon. Les agriculteurs entassent le long des toiles de plastique les galets qu’ils retirent de leurs cultures ce qui explique les alignements. On distingue aussi nettement la différence entre la steppe originelle et les zones qui ont été cultivées, maintenant colonisées par les graminées. (photo Regard de Géographe ©)




Ces installations ne seront abandonnées que dans les années 80 avec l’apparition de variétés plus précoces.

 

Mais l’industrie aussi provoque des flux migratoires. Le développement du complexe industriel de Fos et notamment la Solmer attire plus de 20 000 personnes de la France entière, et surtout de la Lorraine. Cette fois la relation avec la Crau n’a pas la même vocation que celle des cravencs (habitants de la Crau).

 

En Lorraine, les ouvriers habitent à proximité de leur lieu de travail (10 minutes), en coté d’habitat collectif avec un tissu social marqué auquel ils sont attachés. Ces pratiques changent lors de l’émigration vers le sud. Les cités construites pour eux par la Solmer se révèlent uniquement être un tremplin vers un autre mode de vie.

 

Certes, la piètre qualité des constructions y est pour beaucoup mais ce n’est pas le seul moteur. En venant s’installer, c’est bien un changement de mode de vie que les ouvriers sont venus chercher. Ils n’hésitent plus à s'éloigner et faire 30 minutes de route pour se rendre à l’usine. Ils emménagent à Istres, Entressen, Saint Martin de Crau et dans les communes avoisinantes. Ils créent une rupture nouvelle entre leur vie professionnelle et personnelle. Ils se diffusent et s’intègrent socialement dans les localités.



Lieu de résidences des salariés de la Solmer (1982), (source : Au fil de la lignée n°2)

 

Posséder une maison est devenu une référence centrale pour la famille. Ceci provoque des conflits d’usage en appliquant une pression nouvelle sur la terre. Elle devient objet de convoitise pour les constructions et entraîne des dissensions chez les agriculteurs. Ceux qui veulent maintenir leur activité se plaignent de la réduction de surface disponible, ce qui complique aussi la construction des canaux d’irrigation.

 

Colonisations agricoles multiples, complexes sidérurgiques et chimiques, décharges, usines et dépôts de munitions, bases militaires, carrières, routes, voies ferrées, aéroport ont grignoté la Crau dont il ne reste que 11500 ha au centre de la plaine.

 

LE RETOUR A LA « NATURE »

 

Cette surface relictuelle est devenue le lieu d’autres enjeux. Les éleveurs et agriculteurs ont finalement trouvé des alliés chez les nouveaux venus car l’ère post-industrielle a vu le développement de la dimension culturelle, éthique et environnementale comme un nouveau facteur prégnant de la vie économique.

 

Un besoin d’enracinement et d’identité conjugués à un intérêt écologique motivé par l’alimentation et la santé ont provoqué un regain d’intérêt pour le monde rural. Les musées locaux, maisons de pays, fêtes à l’ancienne remportent un réel succès.


On sacralise même certaines pratiques en créant par exemple les fêtes publiques de la transhumance (instaurées en 1991).

 

Il s'agit d'une véritable procession qui fait le tour de la ville précédée de danseurs et tambouriniers. Or, ces départs n’ont, jusqu'alors, jamais fait l’objet d’une extériorisation quelconque, d’autant plus qu’il y a bien longtemps que l’essentiel du trajet se fait en camion et voie ferrée.

 

S’appuyant sur ce mouvement de fond, écologistes, sympathisants, agriculteurs et éleveurs ont trouvé un intérêt commun qui consiste a défendre ce qu’il reste de la Crau sèche. Ils articulent leurs discours autour d’une identité forte :

 

> Production du seul foin labellisé AOC (près de 400000 tonnes/an)


Source :http://www.foindecrau.com

 

> Territoire du Mérinos d’Arles, race mise au point au XVIII ième siècle (particulièrement adapté à la transhumance alpine).



Les moutons (race Mérinos) se regroupent le long de la bergerie et mettent leur tête sous le corps de leurs voisins pour se protéger de la chaleur. (photo Regard de Géographe ©)

 

> Espèces animales à protéger comme le Criquet de Crau, faucon Crécerellette


Sur le toit de cette bergerie ont été aménagés des nids artificiels pour proposer un accueil au Faucon Crecerelette. (photo Regard de Géographe ©)

 

Mais les protecteurs de la Crau s’appuient aussi sur sa fragilité. Il s’agit d’un territoire façonné par 2000 ans de pastoralisme, toute modification de son utilisation déséquilibre l'écosystème de façon durable. Même 35 ans après l’abandon de certaines cultures, on y observe toujours une richesse floristique nettement inférieure à celle des coussouls.



Source : Thierry Dutoit, Estelle Forey, Christine Römermann, Elise Buisson, Sylvain Fadda, Arne Saatkamp, Pauline Gaignard et Elise Trivelly




Une friche melonnière et la steppe séparées par les restes d’une haie. (photo Regard de Géographe ©)

 

Aussi la Crau sèche a été classée zone Natura 2000 avec 2 objectifs :

  • Maintenir l’agriculture traditionnelle (foin et élevage)
  • Maintenir la ressource en eau (qualitatif et quantitatif)



Source : Direction départementale de l’agriculture et de la forêt des Bouches-du-Rhône

 

De plus, la directive habitats a défini les prairies centrales de la Crau comme un habitat d’intérêt communautaire prioritaire. « Renforcer le pâturage par des interventions manuelles et /ou mécaniques sur les strates herbacées, arbustives et/ou arborées afin de maintenir un équilibre entre couvetrs herbacés (pelouses, landes) et arborés, permettent de maintenir l’accessibilité des animaux au pâturage sur les surfaces concernées ».



Au premier plan, la steppe, au second plan le reste des friches melonnièrescolonisées par les graminées. Sur la gauche, les marges de la steppe : les franges de couvert arboré qui annoncent la conquète des arbres. (photo Regard de Géographe ©)

 

 

Tendance encore plus marquée, certains auteurs ne demandent pas uniquement la préservation mais aussi la restauration ce qui pose d’évidents problèmes techniques et éthiques.




Au sud de Saint Martin de Crau, à l’ouest de Lamanon, non loin des rives de la méditerranée, une gigantesque dalle de béton naturel sépare des fleuves souterrains d'un désert aride en surface. Un immense banc de galets laissé là par des rivières parties divaguer plus au nord.  

Cette vaste plaine formée il y a plusieurs centaines milliers d’années a été le théâtre de multiples enjeux du développement humain. Mais de toutes les tentatives de colonisation, les 2000 ans de pastoralisme ont été déterminants. Ils ont façonné le biotope et marqué d’une empreinte forte son image et la vocation de ce territoire aujourd'hui protégé. 
Au sud de Saint Martin de Crau, à l’ouest de Lamanon, non loin des rives de la méditerranée, le soleil rayonne une fois encore sur la dernière steppe aride d’Europe : la Crau.

 

 

 

Eléments bibliographiques :

 

BAILIG H., 1927, La Crau et la glaciation Würmienne, Annales de géographie, Volume 36, Numéro 204, pp. 499 – 508

 

BAULIG H., 1927, La Crau et la glaciation Würmienne, Annales de Géographie, volume 36, N° 204, pp 499-508

 

BENEVENT E., 1931, Les eaux souterraines de la Crau, Annales de géographie, Volume 40, Numéro 223, pp. 80 – 84

 

BENEVENT E., 1930, La mise en valeur de la Crau, Revue de Géographie Alpine, Année 1930, Volume 18, Numéro 4, pp. 807 – 812

 

BENOIT F., 1964, Le développement de la colonie d'Arles et la centuriation de la Crau, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Volume 108, Numéro 1, pp. 156 – 169

 

BLANCHON P., 1931, La protection contre les dangers du Bas-Rhône, Géocarrefour, Année 1931, Volume 7, Numéro 2, pp. 199 – 201

 

BONIFAY E., 1968, Aperçu sur le Quaternaire de Grenoble à Marseille, Quaternaire, Année 1968, Volume 5, Numéro 1, pp. 3 – 18

 

BOUVIER, J-C., Récit et toponymie : Les toponymes dans quelques microrécits de la tradition orale, Rives nord-méditerranéennes

 

DALIGAUX J., Enjeux et problématiques d’une nouvelle forme de planification

dans les Bouches-du-Rhône, Rives nord-méditerranéennes Action publique et transformation des espaces en Méditerranée septentrionale

 

 

DELAVIGNE A-E., 2006, L’abattoir d’Arles, un lieu de rencontre autour

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DENIZOT G., ROMAN  F., 1931, Les changements de niveau du territoire français à l'époque quaternaire, Géocarrefour, Volume 7, Numéro 2, pp. 212 – 213

 

DENIZOT G., 1938, La signification morphologique des cailloutis à galets impressionnés dans la vallée de la Durance, Géocarrefour, Année 1938, Volume 14, Numéro 4, pp. 260 – 260

 

Direction départementale de l’agriculture et de la forêt des Bouches-du-Rhône, NOTICE D’INFORMATION TERRITOIRE « CRAU »

 

Direction départementale de l’agriculture et de la forêt des Bouches-du-Rhône, TERRITOIRE « CRAU », Mesure territorialisée «PA-CR13-HE1»

 

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Enquête, Au fil de la lignée, Parue dans le numéro 2,

 

Enquête, L’usine : Tenir la distance. Des techniciens à la croisée des chemins, Paru dans le numéro 2, Au fil de la lignée

 

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GARDELLE C., 1964, La transhumance ovine entre les régions méditerranéennes et les Alpes en 1964, Revue de Géographie Alpine, Année 1965, Volume 53, Numéro 3, pp. 449 – 477

 

GEORGE P., 1931, Les dérivations souterraines de la Durance et l'avenir de la Crau, Géocarrefour, Volume 7, Numéro 2, pp. 193 – 199

 

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RIGAUD P., Cabotage, caboteurs et risque de mer au début du XVIe siècle en Provence, Rives nord-méditerranéennes, Cabotage et réseaux portuaires en Méditerranée

 

SUANEZ S., MORHANGE C., GASSEND J.-M., 2007, Méditerranée, 250 millions d’années d’évolution , Norois, 203 | 2007/2

 

ZALIO P-P., La ville des sciences sociales. Urbanités marseillaises. Marseille, terrain des sciences sociales, Enquête, Paru dans le numéro 4, La ville des sciences sociales

Par Stéphane MAHAUD - Publié dans : observation - Communauté : Histoire Géographie
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