Selon M. LE BERRE (dans BAILLY A., FERRAS R., PUMAIN D., 1992, encyclopédie de géographie, Economica, 1132 pages), un territoire « est la portion de la surface terrestre appropriée par un groupe social pour assurer sa reproduction et la satisfaction de ses besoins vitaux ». D’abord perçu par l’homme habitant et constructeur, il devient un espace représenté. Dans le dictionnaire universel de FURETIERE (éd. 1690, la Haye, dans DE CORNULIER B., 1999, Remarques sur la notion de territoire, séminaire le lien social, Nantes 1998, pp. 7-14) qui date du XVII ème siècle, le territoire « se dit de l’estenduë d’une seigneurie ou d’une paroisse ». Il est donc un enjeu politique, économique et social mais il tient aussi de l’imaginaire, l’utopie, l’idéologie et le mythe tout en étant une entité juridico-administrative.
De la même façon, il est possible de donner un certain nombre de définitions du vent. On en trouve chez divers auteurs qu’ils soient écrivains littéraires ou rédacteurs scientifiques, chacun porte un regard singulier sur le sujet.
Dans sa définition la plus large, le vent est un déplacement de l’air. Il n’est en fait qu’un flux qui prend source dans les zones de hautes pressions et aboutit vers celles de basses pressions, il est destiné à rétablir un équilibre. Il s’agit donc d’un régulateur naturel de la dynamique atmosphérique.
Comme tel, il est à la fois conséquence d’un type de fonctionnement de système et cause du maintien de celui-ci. Son rôle est, certes essentiel, mais si les lois physiques qui commandent sa naissance sont permanentes, lui est éphémère, car sa seule émergence le conduit inéluctablement à disparaître plus ou moins rapidement.
L’atmosphère prenant appui sur la terre, une partie des vents est en contact direct avec sa surface. Son influence s’étend donc sur tous les milieux, qu’ils soient anthropisés ou non.
Il est des espaces où il souffle avec une telle régularité et une telle intensité qu’il façonne des paysages types qui portent sa marque. Il en est d’autres où la multiplicité des acteurs qui participent de la diversité et la complexité des milieux et ne lui laissent qu’une place limitée.
Il devient alors lui-même un des composants du système parmi d’autres. S’il peut parfois perturber ou détruire l’équilibre des structures vivantes, il peut aussi faire partie des facteurs limitant le développement de l’œkoumène.
L’espace habité par les hommes d’abord approprié puis organisé, devenu territoire, intègre les relations écologiques que nouent les hommes avec le monde ambiant. Ainsi en fonction des caractéristiques de leurs sociétés, ils ne présentent pas la même sensibilité à la dynamique éolienne. Ces espaces sont plus ou moins concernés par l’occurrence du vent, jusqu’à en être presque totalement libérés.
Ceci est un extrait de notre contribution à un ouvrage paru en 2008 : Vents, invention et évolution des formes, sous la direction scientifique de Louis-Michel Nourry, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne, PUR, 165 pages.
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